
En revenant aux concepts fondateurs de la série, Assassin's Creed : Shadows offre l'expérience la plus gratifiante que la franchise ait proposée depuis des années. Le système de parkour revigoré—le plus abouti depuis Unity— permet des déplacements fluides des rues aux toits, améliorés par un grappin pour les ascensions verticales rapides. Depuis un point d'observation en hauteur sur une corde raide, exécuter la parfaite élimination furtive n'est plus qu'à une chute silencieuse… à condition, bien sûr, que vous jouiez avec Naoe. Passez à Yasuke, le second protagoniste, et l'expérience change fondamentalement.
Yasuke brise les conventions : il se déplace avec une lourdeur délibérée, ne peut pas neutraliser silencieusement et grimpe avec une lenteur exaspérante. Ce samouraï contredit totalement le gameplay traditionnel d'Assassin's Creed. Pourtant, cette rupture radicale—initialement frustrante— révèle une conception réfléchie qui s'attaque à des problèmes de longue date de la série.
De Spider-Man au guerrier ancré
Le contraste devient saisissant après des heures passées avec Naoe, qui incarne les assassins classiques avec sa maîtrise du free-running et sa furtivité chirurgicale. Yasuke se traîne en territoire ennemi, sa carrure imposante annonçant chaque mouvement. De simples ascensions nécessitent une planification minutieuse de l'itinéraire, transformant le déplacement vertical en un casse-tête. Sans vision d'aigle ni points d'observation, les engagements exigent la force brutale plutôt qu'une planification tactique.
Cette expérience au ras du sol ressemble plus à Ghost of Tsushima qu'à un Assassin's Creed traditionnel. Pourtant, le combat de Yasuke représente le meilleur système de mêlée de la franchise depuis dix ans—chaque coup d'épée a du poids, des attaques dévastatrices au rush aux contres parfaits. Les moves d'achèvement brutaux illustrent cette approche agressive.

Une expérience divisée
Le système à double protagoniste sépare efficacement les rôles de furtivité et de combat—Naoe doit battre en retraite stratégiquement lorsqu'elle est submergée, tandis que Yasuke s'épanouit dans l'affrontement direct. Cela empêche la dérive axée sur le combat observée dans les titres récents.
Pourtant, des questions cruciales subsistent : Cette rupture radicale sert-elle l'identité de la franchise ? Si Naoe offre une expérience Assassin's Creed quasi parfaite avec un parkour amélioré et une furtivité classique, Yasuke donne souvent l'impression de jouer à un autre jeu. Son fantasme de samouraï procure un combat palpitant, mais sacrifie la liberté spatiale et la planification stratégique qui définissent la série.
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Finalement, bien que Yasuke offre un combat exaltant, Naoe fournit ce qui ressemble au véritable gameplay d'Assassin's Creed—des déplacements maîtrisés, une furtivité calculée et la liberté verticale qui ont rendu la série unique. La dualité réussit à offrir de la variété, mais renforce la raison pour laquelle les mécaniques fondamentales de la franchise restent captivantes après dix-sept ans.